galerie Les plus petits des grands

Comme dirait le lapin blanc dans Alice au Pays des Merveilles : « Oh par mes moustaches ! Je suis en r’tard, en r’tard, en r’tard ! »

Depuis le temps que la mission de sauvetage des flamants a commencé, elle est sur le point de s’achever. C’est peut-être enfin le moment de montrer quelques boules de plumes pendant qu’elles s’envolent…

Il existe 6 espèces de flamants dans le monde :
– flamant rose (Europe – y compris en France, Afrique, Asie) : le plus grand, et le plus blanc
– flamant nain (Afrique, Asie) : le plus petit
– flamant de Cuba (Amérique Centrale, États-Unis) : le plus orange
– flamant du Chili (Amérique du Sud) : le plus rose
– flamant des Andes et flamant de James (Amérique du Sud) : les deux plus beaux

Ma décision de traverser deux continents aurait été la même pour n’importe quelle espèce de flamants, mais ici c’était pour des flamants nains. Ce sont les plus petits, ils ne mesurent que 80 à 90 cm. A titre de comparaison, les flamants roses qui sont les plus grands mesurent de 1,2m à 1,5m ! Tous les autres se placent évidemment au milieu…

Les flamants nains sont assez mal connus, pour plusieurs raisons. Entre autres, le fait que leurs sites de reproduction soient difficilement accessibles rend leur étude problématique. Comme tous les flamants, ils vivent et se reproduisent sur des plans d’eau, où ils trouvent nourriture et sécurité contre les prédateurs. La disponibilité en nourriture ainsi que la possibilité de construire des nids dépend de l’apport en eau et de sa constance, deux paramètres qui fluctuent de plus en plus chaque année sur chaque site de reproduction. A part sur le lac Natron en Tanzanie, la reproduction des flamants nains est très irrégulière, et son succès est particulièrement aléatoire d’une saison à l’autre.

Dans le sud du continent africain, plusieurs sites accueillent potentiellement la reproduction des flamants nains au Botswana, en Namibie ou en Afrique du Sud. En l’occurrence, en Afrique du Sud il s’agit d’un plan d’eau artificiel, créé pour les besoins d’une mine et alimenté par les eaux usées de la ville de Kimberley. Suite à la construction d’une île en forme de S en 2006, les flamants ont décidé de faire de cet endroit une possible nurserie. Cet été (cet hiver pour nous), plusieurs milliers de couples sont donc venus y construire un nid et y pondre un œuf. Pour la plupart, les poussins sont nés avant mi-janvier, moment où le niveau d’eau a commencé à baisser car l’afflux venant de la ville ne compensait plus l’évaporation due à la chaleur. Les adultes et la crèche de 5500 juvéniles ont progressivement dû se déplacer pour trouver leur nourriture. En revanche, en s’éloignant des nids, ils ont également abandonné les derniers œufs sur le point d’éclore, ainsi que les nouveau-nés trop petits pour les suivre.

Il n’a pas fallu longtemps pour que la décision de récupérer les œufs et les derniers poussins soit prise, et entre 1800 et 2000 d’entre eux ont été dispatchés dans différentes structures à travers le pays. Là, les petits ont été soignés, nourris et élevés en attendant d’être en capacité de voler et d’être relâchés dans la crèche.

Comme toujours ou presque dans le cadre de la réhabilitation d’animaux sauvages, et malgré le nombre incalculable de publications depuis le début de cette mission, la diffusion d’images et d’informations est interdite. Les informations que je transmets ici sont donc succinctes, mais ont toutes déjà été diffusées par les autorités compétentes. Quant aux images, sélectionnées à la loupe, grand bien vous prenne d’essayer de prouver d’où elles viennent 😉

Après des semaines de travail acharné et des montagnes russes émotionnelles pour des dizaines de personnes, les premiers oiseaux ont retrouvé la liberté à l’âge de quatre mois. Les derniers à être actuellement sur le départ ont moins de six mois, et certains dont le développement est plus lent restent en captivité jusqu’à ce que leur condition permette de les relâcher.

Même si le nombre de rescapés sur ce site n’est rien comparé au presque million de jeunes nés cette année sur le lac Natron, ils nous ont appris énormément sur l’élevage des flamants nains et sur la gestion d’une mission de sauvetage de grande envergure. Mais surtout, les données qu’ils vont nous apporter sont extrêmement précieuses pour leur espèce, car ils ont tous été équipés d’une bague d’identification, et quelques uns d’une balise GPS !

Certains ont déjà migré sur plus de 1000km !

Une évolution impressionnante sur à peine trois mois…

9 commentaires

  1. Un grand merci aux sauveteurs anonymes qui ont réussit à sauver ces oiseaux roses.
    Bravo à toi, Sophie, pour cette nouvelle expédition et ce reportage précis et illustré.
    Grosses bises, ma fifille adorée.
    Papa

    Aimé par 1 personne

  2. ils sont très strictes sur la diffusion d’informations. Dommage qu’une fois la mission terminée, il n’y ait pas un peu plus de diffusion sur les soins qui ont été apportés aux animaux, on aimerait bien savoir comment ça se passe pour les soigneurs bénévoles et leurs bêbêtes au quotidien !

    Aimé par 1 personne

    • C’était très intense sur la première moitié, avec des journées sans fin, des nourrissages et des soins en continu, des heures de nettoyage… Puis ils sont devenus plus indépendants, ont commencé à se nourrir seuls, à dormir dehors, et tout est devenu plus simple pour nous. On a pu profiter pleinement de l’évolution de leur comportement !

      J'aime

  3. Bravo pour tes bons soins aux bébés flamands qui grâce à toi et aux bénévoles ont pu survivre !Mission difficile dans ce lointain pays à la culture si éloignée de la culture européenne
    Espérons que ces flamants vivront aussi vieux que Greater d’Adélaide .Et Chilly sais-tu s’il est encore en vie ?
    Merci pour tes belles photos et ton récit toujours aussi instructif !

    Aimé par 1 personne

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