galerie La conquête de l’Ouest

Adelaide – Perth, entre road-trains, kangourous et solitude.

Encore une fois, j’ai pris mon temps. Car l’inconvénient quand on voyage seul, c’est justement qu’on est seul. Seul pour conduire, se distraire, se motiver. Personne à qui parler, et si on ne devient pas fou, on finit par s’ennuyer de sa propre compagnie.

C’était donc compliqué de quitter Adelaide, où j’avais finalement pris quelques repères et habitudes. D’autant plus que je partais pour 3600km, dont une bonne partie que les australiens redoutent. Ils m’avaient présenté la traversée du Nullarbor comme un supplice, une route sans fin, complètement désertique, et finissaient toujours par « plus jamais ! ».

Euh… Il n’y a qu’une route et j’ai réussi à me tromper de chemin ou quoi ? C’était long, fatiguant, mais pas si dramatique qu’ils le décrivaient.

Mais commençons à Adelaide. Si vous regardez une carte, vous verrez que la ville est sur une baie enclavée entre deux péninsules. Bonne combinaison pour la faune marine, et entre autres pour les dauphins. Après une grosse session de rangement de la voiture, j’étais contente qu’une australienne me dise « vous devriez aller à la marina, il y a plein de dauphins ce soir » en me croisant avec mon appareil photo. Plein peut-être, mais je les ai ratés. Car je n’en avais jamais vu, donc je me suis arrêtée sur la plage bien avant la marina quand j’ai vu une nageoire sortir de l’eau à moins de 5m de moi !

Un peu plus au Nord, à Port Adelaide, des bras de mer se mélangent à la mangrove et créent une zone encore plus protégée pour eux. Zone qui a été transformée en sanctuaire afin de réguler à peu près les activités humaines, et dans lequel on peut faire du canoé. Evidemment, j’ai sauté sur l’occasion.

Au final j’ai vu plus d’oiseaux que de dauphins, mais ils se sont quand même montrés une fois que j’avais rendu mon kayak. Car bien sûr je n’ai pas voulu suivre le groupe. Depuis l’eau j’en ai vu un, eux une quinzaine… Tant pis, j’ai attendu et j’ai vu un groupe de 5 depuis le ponton.

Au revoir Adelaide, je prends la route vers le Nord pour contourner les péninsules.

Au passage, je croise mes premiers road-trains qui reviennent vers Adelaide, et quelques uns qui en partent. Eux aussi sont beaucoup moins impressionnants que ce à quoi je m’attendais… Ce sont « juste » de très gros camions, avec une cabine digne des films américains, et qui tirent 2 voire 3 énormes remorques (plus hautes, longues et larges qu’en France). Et ils roulent très vite, ça par contre c’est vrai. On dit qu’il faut plusieurs kilomètres pour les doubler. J’ai testé. J’ai échoué. Et pourtant je ne roule pas doucement… De toute façon, à part dans une côte, il est très rare de se retrouver coincé derrière.

Et j’ai aussi vu mon premier lac rose. Si j’ai bien compris (mais je ne me suis pas encore vraiment penchée dessus), il s’agit de lacs d’eau salée, dans lesquels la couleur de l’eau dépend de l’équilibre des algues. Parfois l’eau peut être complètement rose, parfois non. On verra ça plus tard, ils sont nombreux en Australie.

Bumbunga lake, South Australia

Arrivée au Nord de la première péninsule, je me rapproche des Flinders Ranges, chaîne de montagne aux paysages sublimes, complètement différents de ce que j’ai vu jusqu’à présent.

Mon objectif, Wilpena Pound. Un amphithéâtre naturel de 80km², dû aux montagnes qui forment ici une anse.

Blague du jour, je suis repartie de nuit et j’ai été surprise par un groupe de 4 ou 5 chouettes effraies qui ont « fait la course » avec la voiture. J’avais beau rouler au pas, elles se laissaient doubler, puis me dépassaient, traversaient devant moi, et ainsi de suite sur 15 ou 20km. Je préfère me dire qu’elles jouaient avec la voiture, plutôt qu’elles essayaient de l’attaquer à cause des sifflets à ultrasons qu’il y a sur les côtés pour éloigner les animaux…

Mais assez traîné, je continue jusqu’à Port Lincoln, puis je longe la côte jusqu’à Ceduna. Je me dirige enfin vers l’Ouest !

Quelque part dans mes recherches, j’avais vu qu’il y avait beaucoup de lions de mer à Baird Bay. Mon premier arrêt donc.

Manque de pot, il faut prendre un bateau pour aller les voir (et nager avec mais il commence à faire froid) car ils rentrent rarement dans la baie, et j’ai raté le dernier de la saison.

Mais je n’ai pas raté la suite de mon coup de foudre pour les pélicans australiens…

Quelques kilomètres de cailloux plus loin, de grosses pierres intriguent les passants depuis des décennies. D’abord prises de loin pour des meules de foin (haystack en anglais), ce sont en fait des vestiges géologiques qui ont depuis gardé le nom de Murphy’s haystacks.

Et sur les conseils du gérant du bateau que je n’ai pas pris, j’ai trouvé les lions de mer australiens et leurs copines otaries à fourrure de Nouvelle-Zélande, dans une zone également protégée que l’on peut observer depuis le haut des falaises.

Je ne comprends vraiment pas comment l’Australie peut avoir tant de zones protégées, de panneaux de prévention pour tout, et pourtant n’en avoir rien à faire de sa faune sauvage au quotidien… A croire que ce n’est que de la poudre aux yeux, histoire d’avoir bonne conscience. Bref, ça m’énerve. Mais les animaux sont beaux.

Fini de me promener le long de la côte, il était ensuite temps de m’engager dans ce long et douloureux Nullarbor, que certains cinglés font à vélo… Oui, j’en ai vu deux.

Douloureux ? Alors que j’ai dit au début que ce n’était pas si terrible ? Oui mais ça reste quand même long, et rouler aussi longtemps donne des crampes dans des endroits inattendus. Dans les mains par exemple, en plus des jambes et des courbatures dans le dos.

En même temps je n’étais plus seule sur les dernières centaines de kilomètres, et le fait d’avoir le kangourou m’a empêchée de m’arrêter pour la nuit. Ce qui d’ailleurs m’a fait arriver de nuit, et a donc fait rencontrer « quelques » moustiques à ma voiture !

Un bon coup de karcher et deux jours de repos, voilà mon programme à Esperance, premier vrai arrêt en Australie Occidentale, ville où j’ai livré mon « rescapé » du moment.

Avant de repartir il fallait quand même que j’aille voir les plages, pour vérifier que l’eau était aussi belle que ce que j’avais noté dans mon carnet. Je n’aime pas vraiment la mer mais ok, c’est splendide.

Touriste de base pour un instant, j’ai ensuite fait un détour jusqu’à Wave Rock. Gros détour, c’est l’Australie…

Encore une curiosité géologique qui a dû rester longtemps inexpliquée, elle est due à l’érosion par le vent et a un hippopotame pour voisin !

En quelque sorte. Juste un autre gros caillou, qualifié de « bâillement d’hippo », et vue sa taille, heureusement que ce n’est pas un vrai !

Dernier détour, j’espérais voir des raies à Hamelin Bay. Encore une zone marine protégée, où les raies viennent souvent se nourrir des déchets de pêche et s’approchent donc tout près du bord. Mais seulement les jours calmes, et évidemment, ce jour-là il y avait trop de vent…

Quel rapport entre le vent et l’état de la mer ? La taille des vagues, qui rendent l’eau trouble car elle est trop mouvementée.

Même à Busselton ils ne voyaient rien dans l’eau. C’est dommage, car au bout de cette jetée d’1,8km, ils ont eu la très bonne idée de faire un observatoire sous-marin. Une sorte d’aquarium géant, sauf que les visiteurs sont dans l’aquarium, et tout autour c’est l’océan. Si quelqu’un passe par là, ça doit valoir le (petit) détour.

Et mon périple touche à sa fin, avec une magnifique première vue nocturne de Perth, la Swan River en premier plan devant la petite skyline toute illuminée.

Prochain road-trip ? Un autre quart du pays…

Arrivée à Perth

17 commentaires

  1. Encore un récit merveilleux proportionnel à un certain isolement, mais nous étions tout le temps avec toi par la pensée (facile !). Entre les lignes droites, la mer, les formes insolites de la nature, les moustiques et les lumières de Perth, on arrive à oublier tes kilomètres (encore facile !). Bravo pour cette longue étape et ton reportage, les dauphins on dû te prendre en photo et il va falloir les voir sur le Web (pas facile …) Souffle un peu avant la prochaine étape et mille grosses bises – Papa

    Aimé par 1 personne

  2. Cet article est vraiment top !
    Entre le dauphin, le lac rose,
    la roche bizarre, la mer magnifique …

    franchement tu vois vraiment des paysage magique !

    Je te souhaite pleins de belles choses ma So !

    Faut qu’on s’écrive d’ailleurs !

    Bisous 😘

    Aimé par 1 personne

  3. C’est vrai que tes photos sont féeriques.
    On se demande même si tu n’es pas sur un autre planète : a-t-on jamais vu un pélican (même Australien) faire la révérence à une photographe ? 😉
    Grands mercis pour ces dépaysements par procuration. 🙂
    Et gros bisous. ❤

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  4. Je trouvais certaines routes du Nouveau-Mexique et de l’Arizona un peu monotones malgré leurs paysages grandioses, mais 150 km d’alignement, ça doit vraiment avoir un côté déprimant. Heureusement qu’il y a des kangourous à secourir !

    Superbes images, commentaires alertes, te suivre sur ton blog est un vrai plaisir : continue !

    Aimé par 1 personne

  5. Ton nouveau récit est passionnant et tes photos magnifiques comme toujours ! 6 mois seule dans ce lointain pays ne doit pas être facile , quel courage tu as !Je t’admire…
    Tu es montée 4km à pieds pour aller à Wilpéna Pound ?Mais récompensée par la beauté du paysage !
    Quelle route Nullarbor , sans arbre , en plus il semblait faire chaud (le ciel est bien bleu). Tu ne t’endormais pas au volant ?
    Merci de nous faire découvrir tous ces beaux endroits australiens , c’est mieux que ce que nous montre internet !
    Je te souhaite un grand courage pour la suite de tes découvertes , mais prends le temps de te reposer.
    Bisous
    Mamie

    Aimé par 1 personne

    • Oui il faut marcher longtemps du parking à ce point de vue, et le dernier kilomètre grimpe fort.
      Dans le Nullarbor il ne faisait pas si chaud par contre, c’est l’hiver ici donc la température était parfaite. Mais je ne l’aurais jamais fait en été !

      J'aime

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