galerie Murrnong, la belle parenthèse

Murrnong, ou comment quelques jours de HelpX se sont transformés en un mois entier.

Murrnong ? HelpX ? Explications please!

D’abord le HelpX. C’est un réseau qui met en relation des voyageurs prêts à donner de leur temps, et des hôtes cherchant de l’aide quelques heures par jour dans leurs fermes, auberges de jeunesse, maisons, etc. En échange de ce travail, les hôtes offrent parfois le gîte et le couvert. C’est un bon moyen de rencontrer des gens qu’on ne croiserait jamais dans la vraie vie, et d’avoir accès à des expériences que les emplois stables n’osent pas offrir à des débutants. Sur des conseils avisés, je me suis donc lancée. Et je me suis laissée tenter par l’expérience de la permaculture, à Murrnong.

Permaculture ? Encore un nouveau mot…

C’est une forme pérenne d’agriculture, inventée en Tasmanie et réputée comme étant l’une des plus belles exportations du pays à travers le monde. Le principe de base (même s’ils sont en réalité 12) est d’être auto-suffisant, en produisant tout ce dont on a besoin, en accord avec l’environnement proche de nous. Il s’agit donc de cultiver sa nourriture, mais surtout de gérer intelligemment ses ressources (eau, électricité, nourriture, chauffage) et mettre en relation tous les éléments de la ferme pour que chaque chose produise un effet positif sur les suivantes.

Un exemple parmi tant d’autres : taille des arbres pour en contrôler la croissance -> utilisation des branches pour nourrir les chèvres -> production d’un lait de meilleure qualité et en plus grande quantité -> traite des chèvres -> fabrication de fromage pour la maison -> récupération du petit lait issu du fromage pour le donner aux poules -> plus d’oeufs chaque jour !

Tout est lié mais rien n’est irremplaçable. Chaque élément a plusieurs rôles à jouer et est complémentaire avec d’autres pour combler une éventuelle faiblesse quelque part.

Et la permaculture, je l’ai expérimentée dans une ferme appelée Murrnong, nom d’une fleur native d’Australie, juste à la sortie d’une petite ville du Victoria.

Je suis venue pour apprendre, et apprendre je n’ai fait que ça. Ce serait bien long de tout lister, mais je peux illustrer certaines de mes expériences à la ferme !

Ici j’ai donc découvert de nombreuses choses nouvelles, ou des variantes de ce qu’on connaît déjà. Parfois, même les légumes nous apprennent quelque chose sur la vie…

Des haricots violets par exemple, qui se font passer pour les plus beaux mais redeviennent complètement verts à la cuisson. Comme quoi on peut toujours essayer de se faire passer pour ce qu’on n’est pas, on ne changera pas ce qu’on est à l’intérieur. Qui naît haricot restera haricot !

Et tout comme une courgette peut être verte ou blanche, longue ou en forme de fleur, on a beau être tous différents on fait tous partie de la même espèce.

Il faudrait peut-être mettre des légumes aux look complètement différents dans les écoles tiens !

Sinon, revenons à nos moutons. Qui ici sont des chèvres. Il y en a 4 pour l’instant : Evie (prononcer ‘Ivy’), Twitchy, Lina (de son vrai nom Lina Rose) et Camilla.

Lina et Camilla ayant 18 mois depuis la semaine dernière, elles vont bientôt avoir un petit chacune et peut-être agrandir la Murrnong family.

De mon côté, n’ayant jamais réussi à traire une brebis (!), j’étais ravie d’apprendre à traire les chèvres.

Et plus haut je parlais de poules, car il y en a 13 ici ! Et un coq, parce qu’il en faut toujours un pour faire le beau dans le groupe…

Comme tout animal de ferme ayant une routine, elles sont réglées comme du papier à musique et n’hésitent pas à venir nous chercher le soir pour nous faire remarquer qu’il est tard et qu’elles doivent aller se coucher !

Plus loin, bien après le poulailler, quatre ruches fournissent du miel pour la maison. Le travail et la dévotion des abeilles sont vraiment impressionnants, mais pas autant que la précision avec laquelle elles construisent et gèrent l’intérieur de la ruche ! Une autre expérience instructive et enrichissante.

Rapide résumé de la production du miel dans une ruche :

– les ruches sont fournies aux abeilles avec des plaques vides à l’intérieur ;

– sur ces plaques, elles construisent des milliers d’alvéoles de cire ;

– certaines alvéoles sont destinées à la reproduction, restent donc accessibles à la reine pour pondre, et une larve va y être élevée ;

– d’autres sont remplies de pollen, source de protéines des abeilles ;

– d’autres enfin sont remplies de nectar, source de glucides. Les abeilles remplissent les alvéoles et laissent l’eau s’évaporer du nectar pour former le miel. Une fois l’alvéole pleine, elles posent une capsule de cire par dessus pour conserver le miel stérile.

Info complémentaire : la température intérieure de la ruche reste toujours à 35 degrés. Quand il fait plus froid, les abeilles bourdonnent à l’intérieur pour réchauffer l’air. Quand il fait trop chaud, la plupart de l’essaim est envoyé hors de la ruche et attend sagement à la porte. Cette température est essentielle pour le développement des larves. Le miel, lui, ne sera pas dénaturé s’il n’atteint pas 38 degrés. Il est donc en sécurité dans la ruche. Il est récolté uniquement s’il en reste suffisamment pour que les abeilles puissent toujours se nourrir, surtout en hiver, en dehors des périodes de floraison des plantes.

Ailleurs dans la ferme, j’ai pu croiser d’autres insectes, araignées, oiseaux, et énormément de grenouilles différentes.

Et lors d’une sortie en forêt, nous avons eu l’honneur de voir un échidné puis un koala traverser la route devant nous. Je n’ai pas de photo de l’échidné, mais le koala a pris la pose à trois mètres de nous !

Sinon j’ai aussi appris à faire de la bière et à la mettre en bouteilles. Pas sûr que ça me soit utile pour plus tard, mais intéressant quand même.

Et le clou du séjour, Jimmy le chat ! Nourri de ce qu’il chasse, mais il ne s’attaque pas aux poules. Dans tous les cas, chat de ferme est un métier apparemment très fatiguant.

Un grand merci à David, Cecilia, Grace et tous les helpers que j’ai pu croiser (7 sur le mois !) pour cette expérience incroyablement dense.

Maintenant, direction de nouvelles aventures. Je repars deux semaines dans le Queensland pour faire du bénévolat dans un centre de soins de tortues et faune sauvage. Deux semaines qui s’annoncent à nouveau riches en découvertes !

11 commentaires

  1. Houaou ou ou ou ! Quelle leçon de vie et de science naturelle !
    Cela fait du bien de te voir si proche des vrais valeurs de la vie.
    Continue ton aventure autant que tu le pourras et fais nous rêver.
    Même si les figuiers et les chèvres ne nous montrent pas le mal au dos des cueillettes et des traites, il nous est facile et agréable de te lire et de voir tes photos, toujours dans un style et une présentation de qualité. Y a-t’il une recette avec du fromage de chèvre, du miel et de la figue dans la permaculture ?
    Bon voyage vers les tortues du Queesnland et mille grosses bises.
    Papa

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  2. Coucou nouvelle fermière en devenir ! 🙂
    Crois-tu que ton observation des haricots peut aussi s’appliquer aux « paons » qui font la roue pour nos beaux yeux en ce moment ? J’ai bien peur que oui… 😉
    C’est vraiment réjouissant de lire tes descriptions et on constate que tu martyrises toujours autant les chats.
    Continue bien cette belle route que tu te traces.
    Gros bisous ma biche. ❤

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  3. Bon alors si j’ai bien compris il va falloir que je trouve du petit lait à donner à mes poules pour qu’elles pondent davantage ? Ça accélère la formation de l’oeuf dans leur « ventre » ? C’est bizarre…jamais entendu parler de ça… Comme quoi on en apprend tous les jours 🙂
    Super expérience que celle que tu as vécu là. J’aurais bien aimé être avec toi pour enrichir ma culture campagnarde ! lol !
    Grooooooos bisous !!

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  4. Ben quelles expériences enrichissantes ! C’est une vraie leçon de vie que tu nous racontes là !
    On ferait pas mal d’imiter ces gens sages et sûrement très respectueux de la planète , au lieu de nous entourer de superflu , d’en vouloir toujours plus , de polluer ….
    Je vois qu’en plus des chèvres tu avais un petit chat à cajoler , le bonheur ! Ton dessin souvenir est rigolo , je ne te savais si douée !!!
    Va ,ma grande ,vers les tortues pour des découvertes différentes, mais sûrement passionnantes .
    Gros bisous
    Mamie

    Aimé par 1 personne

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